AC : Pourquoi je m’emmerde si souvent aux spectacles de contes ?

le 16 mars, à Paris, de 9 à 17 heures.
Au Bahut, 18 avenue du président Salvador Allende 94110 Arcueil (RER B : Laplace)

Qu’est ce qui fait que l’on est pris, happé par un spectacle ?
A contrario, qu’est ce qui manque, et nous pousse à l’ennui, à compter les projecteurs ou penser à notre déclaration d’impôts ?
Il n’existe pas de formule magique pour réussir à captiver le public, évidemment.
Mais ça vaut le coup de chercher ensemble.

2 réflexions au sujet de “AC : Pourquoi je m’emmerde si souvent aux spectacles de contes ?”

  1. Quand Philippe a lancé cette idée de journée de réflexion à la dernière Assemblée Générale de l’APAC, il s’attendait à voir 3 personnes intéressées. Or nous sommes nombreux : est-ce bien rassurant ? Nous sommes sans doute venus chacun avec des attentes différentes, néanmoins il semble qu’une part non négligeable des membres de l’Association Professionnelle des Artistes Conteurs s’emmerde quand elle assiste à un spectacle de la discipline qu’elle promeut.

    Afin de mieux comprendre ce qui nous manque, nous pouvons commencer par tenter de dresser un idéal : qu’est-ce qui nous fait vibrer ? Quelles sont les conditions qui se réunissent quand justement nous ne nous emmerdons pas ? Qu’attendons-nous d’une proposition artistique, et singulièrement du travail d’un conteur ou d’une conteuse ?
    – La sincérité ?… Comment se manifeste-t-elle ? Comment se fait-il que la question même se pose, alors que sommes sensés être seuls maîtres à bord de notre travail, et en assumer personnellement toutes les facettes ?
    – le travail ? Ben oui mais ça peut ne pas suffire… Le travail au service de quoi ? Recherche, transmission ? Art, artisanat ?
    – l’engagement personnel ?… Mais comment le définir ? Et comment équilibrer cette question, spécifique à notre art au moins dans la façon dont elle se pose, du rapport entre l’engagement individuel et la mémoire collective ?

    Une autre façon de se poser la question pourrait être de se demander ce que nous cherchons à toucher chez ceux qui nous écoutent. Sommes-nous là pour les faire voyager ? Pour leur donner un accès, réduit mais réel, à une culture exotique, dans le temps ou l’espace, à laquelle ils n’ont pas accès au quotidien ? Somme-nous là pour faire réfléchir, pour émouvoir ? Et en fonction des réponses à ces questions, quels outils devons-nous mettre en œuvre pour atteindre l’objectif ? Les nombreuses formations du milieu répondent-elles à ces enjeux ?

    Et enfin, sommes-nous représentatifs ? Attendons-nous de la part des collègues ce que le public ou les programmateurs en attendent ? Qu’est-ce qui fait que tel ou tel d’entre nous est embauché par tel lieu ? Dans la mesure où une part considérable de nos représentations est donnée dans des lieux dont les programmateurs ne se sont pas déplacés en amont pour voir notre prestation, que savons-nous de leurs attentes ? Et ce que nous en percevons peut-il/doit-il influer sur notre travail ?

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  2. Merci les copains de cette réflexion salutaire, je me souviens que François en a parlé à l’AG de Corbas il y a bien longtemps, on peut dire qu’il a de la suite dans les idées le garçon!
    Allez hop mon grain de sel:
    Pour ma part deux choses sont rédhibitoires : la sensation d’une musicalité de parole stéréotypée. Peu importe que je connaisse déjà l’histoire, ce conteur ou cette conteuse là je ne l’ai jamais entendu la raconter. Ici comme dans tout spectacle j’aime être perdue, surprise et je viens rencontrer quelqu’un qui engage sa subjectivité, qui a son style, sa manière particulière de faire. Ca nous demande de nettoyer les stéréotypes inconscients qui nous accompagnent au sujet de la parole conteuse. Je peux par exemple facilement imiter la musicalité fréquemment utilisée pour les récits de vie (souvent hachée) et celle pour les contes merveilleux (détimbrée et inspirée).
    L’autre chose rédhibitoire c’est le remplacement de cette parole sensible, adressée et spectaculaire par un savoir-faire et-ou une forme à admirer.
    Voilà pour moi
    Des bisous

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