Édito

Éditorial du Flash-info de septembre – octobre 2019
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APAC saison 11 : On z’y va !
Où ? Sur la route du conte pour faire bouger les lignes…
Combien ? Seize sur la ligne de départ, neuf à l’arrivée… (la réponse de l’énigme dans ce flash)
Quand ? C’est en cours ! Long ou court cours, l’histoire vous le dira ;
Comment ? En courant, aujourd’hui c’est sûr, en marchant le plus souvent à pas mesurés, en rampant parfois (même à reculons, c’est pas commode) en sautant de joie le plus souvent possible.
En tout cas, on n’y va pas seuls : Ça se passe en équipe, avec bâtons de relais et bâtons de parole, ça oui ! Bâtons rompus pour se changer les idées, (il en faut) ; mais revenons à nos moutons, d’où bâtons de berger, les vrais, taillés à la bonne lune au cœur du néflier, un bois léger mais robuste et flexible … Quant aux bâtons dans les roues ou bâtons pour se faire battre, que nenni, on n’en veut pas !
Et pourquoi ? Parce qu’on y croit, « Ça va bien se passer », « On va arriver à quelque chose », trouver des réponses ou des bonnes questions, autant de raisons que de collégien-nes : une expérience à partager, un défi à relever…

Natacha & le Collège

 

Éditorial du Flash-info de juillet – août 2019

Voici une histoire que j’ai entendue raconter il y a longtemps, comme un certain nombre d’entre nous sans doute :

« Tous les matins, le conteur préféré du roi d’un grand pays d’Orient descend au bord de l’océan. Tous les matins il vient raconter une histoire à l’océan, tous les matins c’est une histoire nouvelle. Et tous les matins, l’océan roule ses vagues jusqu’aux pieds du conteur. Si un jour le conteur ne venait plus, qui sait ce que ferait l’océan ? » Une idée de réponse… ?

Oui, je sais, c’est symbolique, tout ça, c’est du conte, ça n’appelle pas vraiment de réponse. Et pourtant, j’ai bien peur d’en avoir une…

Comme la Méditerranée le fait régulièrement sur les côtes de Libye et d’Italie, je dirais que l’océan recracherait des corps. Un, deux, dix, cent, des milliers de corps issus des derniers naufrages. Des êtres humains qui « n’avaient pas de bonnes raisons de partir de chez eux », si l’on en croit nos ministres, et qui ont néanmoins préféré prendre le risque de la noyade plutôt que de rester tranquillement, raisonnablement, dans la sous-vie que notre tranquillité leur assigne. Quel matin avons-nous cessé de venir raconter des histoires à l’océan ? Quand avons-nous cessé de participer, là où nous sommes, à la régulation de la violence du monde? Si notre parole a la puissance de faire que l’océan fasse son boulot d’océan, pourquoi autorisons-nous le roi à prendre possession de la plage pour en faire une frontière, à monopoliser la parole à ses propres fins, lesquelles ne peuvent pas être celles de la vie qui, toujours, circule ?

Et, peut-être plus important encore : jusqu’à quand ? Jusqu’à quel cadavre, jusqu’à quel sursaut, quelle ultime tentative de dévitaliser nos mots sera celle de trop, qui nous conduira tous ensemble à reprendre le fil de ces histoires que nous devons raconter, chaque matin, pour être ce que nous sommes ? Ces questions-là non plus, sans doute, n’appellent pas de réponse. Et pourtant, comment les laisser de côté à l’heure du grand repos général ? A quoi sert l’APAC si elle ne sert pas, au moins, à les poser… ?