Édito

Conteuse virtuelle, conteur numérique, un métier d’avenir ?

À l’heure où le spectacle vivant est au point mort, où les artistes sont mis à l’écart de la société, où les soignants sont corvéables à merci, où une grande partie de la population se précarise et souffre, quelles perspectives s’offrent aux artistes de la parole ?

La vidéo, voilà la solution !

Nous, conteuses, conteurs avons à réfléchir à la présence dans l’absence, à dérouler dans notre film intérieur les images de notre récit et à faire exister en même temps le public. Nous avons à porter une attention particulière aux droits de captation et de diffusion de notre spectacle, et aux droits d’auteur.e.

Quels choix avons–nous ?

Raconter à distance, raconter masqué.e, proposer des formations, créer, ne plus exercer notre métier…

Alerte ! La vidéo ne peut être qu’une solution provisoire pour manger, un pis-aller. En aucun cas, une normalité. Certains artistes « auditifs » plus proches de la radio que du web ne peuvent pas s’emparer de ce média. Une vigilance s’impose pour que les programmateurs ne cèdent pas à la facilité en considérant cette prestation comme légitime et la seule possible.

La vidéo participe à l’isolement, à l’absence de contacts sociaux. Les G.A.F.A.M se réjouissent et s’enrichissent en collectant nos données personnelles.

Ce nouveau métier, raconter à distance, préfigure notre société de demain.

Rêvons-nous d’une société individualiste, chacun enfermé chez soi, privé de sensorialité ?

Ou rêvons-nous d’une société humaniste tissée de partages et d’échanges, en somme du sel de la vie ?

C’est aujourd’hui que nous construisons demain.

Une immense gratitude aux écoles qui nous accueillent en chair et en os.

OUI à l’Art Vivant, NON à l’Art Virtuel 

Christine